Mandat d’arrêt confirmé contre Luc Nicolai

La Cour suprême a confirmé la décision de la Cour d’appel de Saint-Louis qui avait condamné Luc Nicolaï à 5 ans dont 1 avec sursis, avec mandat d’arrêt. Le promoteur mbourois va-t-il encore continuer à jouir de sa liberté avec cette succession de revers judiciaires ?

Il était à 4 appuis. Il s’étale définitivement. La Cour suprême a confirmé la peine du promoteur de lutte, Luc Nicolaï, qui a été condamné par la Cour d’appel de Saint-Louis à 5 ans de prison dont 1 avec sursis pour détention de drogue, association de malfaiteurs et complicité de tentative d’extorsion de fonds. La Cour suprême a néanmoins infirmé le jugement sur les intérêts civils. Il devrait allouer, en compagnie de Djibrine Diop et de Abdou Khadir Kébé, à Bertrand Touly et à l’hôtel Lamantin Beach 300 millions F Cfa. En prime, la Cour suprême a décerné un mandat d’arrêt contre le Mbourois.
Est-ce un coup d’arrêt de la carrière du promoteur de lutte qui reste sous la lumière, malgré la décision de la Cour d’appel de Saint-Louis qui avait pris son verdict le 24 octobre 2017 ? Jusque-là, il ne s’est rien passé. Comme si Luc bénéficiait d’un totem d’immunité qui l’épargnait d’un retour en prison. Son avocat va-t-il introduire un nouveau recours dans la même juridiction pour le sortir de ce nouvel étau ? Wait and see ! En tout cas, c’est une succession de revers pour Luc qui a perdu ses attributs de sainteté à cause de ce dossier.
En première instance, il a été condamné par le Tribunal correctionnel de Dakar à 5 ans dont 2 ferme et à payer 500 millions de dommages et intérêts. Non satisfait de cette décision, il avait fait appel devant la Cour d’appel de Dakar dont les juges qui avaient eu la main plus lourde avaient décidé de le condamner à 5 ans dont 2 avec sursis. Luc Nicolaï, qui devait alors passer 3 ans de prison ferme, s’était pourvu en cassation, même s’il était sorti de prison grâce à une libération conditionnelle. Il obtint d’ailleurs gain de cause parce qu’en 2013, la Cour suprême avait cassé le verdict de la Cour d’appel de Dakar pour ensuite renvoyer le dossier devant la Cour d’appel de Saint-Louis. Mais là aussi, le promoteur de lutte n’était pas au bout de ses surprises pour avoir vu sa peine encore une fois alourdie par les juges d’appel qui l’ont condamné à 5 ans dont 1 avec sursis et à payer 100 millions et 200 millions F Cfa, respectivement à Bertrand Touly et au Lamantin Beach, en guise de dommages et intérêts. C’est l’épilogue d’une affaire qui rythme l’actualité judiciaire depuis plus de 5 ans.

Accablé par son coaccusé Abdou Khadir Kébé
Si Luc Nicolaï en est arrivé là, le témoignage de son coaccusé Abdou Khadir Kébé, ancien chef de la Sous brigade des douanes de Mbour, en est certainement pour beaucoup. Le 11 octobre 2017, lors de leur jugement, l’ex-gabelou avait en effet soutenu devant la barre que c’est Luc Nicolaï qui lui avait remis la puce de téléphone avec laquelle ils communiquaient. Il avait ensuite, avec beaucoup de détails, expliqué les circonstances dans lesquelles les faits se sont déroulés dans le bureau du directeur du Lamantin Beach où la drogue avait été découverte. «C’est Luc qui m’a informé de l’existence de la drogue. C’est lui qui m’a indiqué l’endroit où elle se trouvait dans le bureau de Bertrand Touly. J’ai feint de chercher un peu partout pour éviter qu’il se rende compte que je savais déjà où se trouvait le produit. Puis, je me suis dirigé à l’endroit indiqué», avait déclaré M. Kébé. Luc Nicolaï qui n’avait pas pu battre en brèche ce témoignage qui l’avait confondu se contentait de déclarer : «Tout cela est une cabale. M. Kébé a certainement reçu de l’argent pour me charger.» Les juges n’ont pas à nouveau eu la même lecture que le promoteur qui se retrouve encore à terre, alors qu’il se bat depuis septembre 2012 pour sortir victorieux de ses différents procès.
L’affaire de la drogue du Lamantin Beach est un feuilleton qui dure depuis septembre 2012, pratiquement 7 ans. Condamné pour détention de drogue, association de malfaiteurs et complicité de tentative d’extorsion de fonds, Luc Nicolaï a poursuivi sa carrière professionnelle dans le monde de la lutte où il est roi. Comme si de rien n’était.


justin@lequotidien.sn

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