CLIN D’ŒIL ! Par Charles Faye 

La mawlid ou maouloud commémorant la naissance du prophète de l’islam célébrée à l’unisson à Tivaouane, comme partout dans la Ummah à la date du 12 de Rabia al Awal, au troisième mois de l’année musulmane, n’a pas manqué de relent politique. Quand bien même de nombreux leaders auraient fait l’effort de respecter l’aspect religieux non sans clins d’œil aux guides et aux électeurs dont ils solliciteront sous peu leur choix pour une issue favorable aux joutes de la présidentielle plus qu’improbable de février 2019.

Mais, de tous les clins d’œil, le plus retentissant, exprimé sans détour, est celui du guide moustarchidine, Serigne Moustapha Sy, à l’endroit du khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, à l’occasion de sa conférence aux champs de course, lundi.
Sans prendre de gants, mais avec habilité, le marabout et homme politique a osé envoyer un signal fort à Touba, en demandant de faire rappeler au guide mouride que son parti, PUR, est engagé dans cette présidentielle.

Un message on ne peut plus clair qui, a défaut de solliciter son appui électoral, requiert sa bénédiction. Comme est venu, du reste, le demander expressément le président Macky Sall, ouvertement au Khalife de Touba. La formulation de prières pour sa victoire synonyme d’un deuxième mandat. A défaut de soutenir Moustapha Sy, Touba pourrait simplement ne rien faire de plus que de voir se dérouler la prochaine présidentielle, sans parti pris. Le message est clair. On en viendrait à compter les réalisations du Président Macky Sall, qu’il ne faudrait oublier, qu’elles seraient des plus normales, parce que concrétisées avec l’argent des contribuables et en parties de dettes que les mêmes contribuables et leur descendance payeraient d’une manière ou d’une.

Ce n’est pas à Serigne Moustapha Sy, brillant de malice et fin analyste que l’on apprendrait à faire la politique. Lui, qui, comme bon nombre de nouveaux leaders, savent que c’est le tempérament qui gouverne ce monde de plus incliné dans des postures radicales, nationalistes pour ne pas dire extrémistes.

Venant en troisième position, derrière le Président Macky Sall, Karim Wade, et oui le fils du président Wade dont ne veulent pas entendre parler les proches de l’Avenue Senghor arrive en seconde place devant le PUR à la percée fulgurante lors des législatives 2017, le PUR joue une carte capitale.
Quand on sait que les commerçants, le plus souvent mourides, ne sont guère contents de l’administration Sall avec « lequel tout est devenu difficile, depuis le départ de Me Wade », que Dakar oubliée par le Président Sall qui lui a préféré Diamniadio à coût de milliers de milliards de francs CFA et témoin malheureux de la guerre sans merci faite à leur maire, on mesure les dividendes de PUR sur cet axe non négligeable de Dakar-Touba où la réception et perception du message du guide des moustarchidines feront bouger les lignes.

Les trois mois qui séparent cette déclaration de la présidentielle 2019 seront mis à profit, d’autant qu’il s’agit pour PUR de travailler aussi à l’intérieur de la maison Tidiane afin que rien de politique ne vienne fissurer la maison dans laquelle le guide de l’heure a, semble-t-il, une préférence pour le président sortant. Si ce n’est doublement voir triplement, une invite faite à Touba pour arbitrer une présidentielle à plusieurs enjeux !

Reste à voir ce que les Sénégalais pensent de PUR et de son potentiel présidentiable. Une autre affaire !
Mais quand on sait aussi que la surprise à pris à revers toutes les certitudes hormis la France qui n’a osé affirmé son extrémisme, le Sénégal n’est pas à l’abri d’une surprise maraboutique. Les dès sont jetés.

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