L’indigne indignation des journalistes sénégalais ( Par- ADAMA GAYE )

Interviewer Macky n’est pas un scoop, ni un moment crédible de journalisme – Parlez-nous plutôt de PetroTim, de IlaTodjeh, de Mamour Diallo, de l’hôpital de Touba, de la société ankylosée…

Comme ça donc les journalistes sénégalais s’indignent de l’interview de France 24. Au lieu d’enquêter sur les méfaits de Macky Sall et la banqueroute du pays, de nous parler des sujets qui nous préoccupent, leur priorité est de se retrouver en proximité du voleur. Quel merdique combat !

Parlez-nous plutôt de ses crimes, nombreux, PetroTim, de IlaTodjeh, de Mamour Diallo, de l’hôpital de Touba, de la société ankylosée, des maladies, du sang de la violence qui coule dans la société, de la démocratie capturée, de l’économie en berne, des marabouts vendus. Et de plein d’autres sujets majeurs utiles et d’actualité.

Ce corporatisme étriqué est une autre expression de la médiocre ambition qui s’est saisie des corporations dans notre pays. Interviewer Macky n’est pas un scoop ni un moment crédible de journalisme.

Je le dirai à Marc Perelman, un ami, mais aussi quelqu’un qui me demande souvent de l’aider à décrocher des interviews de dignitaires africains. En 1999, j’ai été l’un des premiers à avoir fait venir en reportage Perelman désormais intervieweur vedette à France 24.

Se battre pour rencontrer un voleur et un médiocre locuteur, comme Macky, c’est pitoyable. Les journalistes sénégalais sont dans un faux, nul combat.

Pendant que les sénégalais, par millions, se mobilisent pour le chasser et le juger, vous faites montre de ce niakk-faydayisme si honteusement popularisé par une caste de dames de compagnie, notamment de nombreux journalistes ventri-mentalités et alimentaires. Notamment ceux d’entre eux que vous prenez pour des dieux mais qui ne sont que ceux qui avaient échoué au concours en journalisme quand, il y a plus de 40 ans, nous le réussissions.

Beaucoup d’entre vous sont trop jeunes pour savoir, frappés de fatuité pour ne pas avoir l’humilité de la retenue face aux lambris d’un pouvoir corrompu. Franchement, j’ai honte. Honte de cette légèreté et de cette absence dans les causes authentiques qui caractérisent ce journalisme de compagnie.

Niakk Fayda ! Tchimmm! Tchiiiip ! Ces journalistes de compagnie ne réalisent même pas qu’ils sont moins bien traités par le voleur qu’ils couvent et couvrent que ses pires valets humains !
Confraternellement.

PAR ADAMA GAYE

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