Ce qu’il faut retenir des midterms (Hadji Ibrahima Faye )

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Les élections mi-mandat du 6 novembre aux Etats-Unis n’ont jamais aussi attiré l’attention du monde entier, à cause d’une mobilisation record des votes anticipées et un pays particulièrement divisé sur plusieurs thèmes. Les américains sont appelés aux urnes pour renouveler les 435 sièges de la chambre des représentants et 35 des 100 sièges du Senat. Les résultats témoignent d’une égalité des deux camps dans un scrutin, pourtant qualifié « d’une vague bleu », il y’a un an de cela.

La percée des Démocrates

La vague bleu prévu par les sondages n’a pas eu lieu. Le parti démocrate, en panne de leadership depuis la défaite surprise de Hillary Clinton à la présidentielle de 2016, s’est contenté de la chambre des représentants perdue en 2010.  Avec Les 225 sièges raflés contre 225 à la chambre des représentants et un Senat perdu au profit des conservateurs, ces Midterms ont été le coup d’envoi au rééquilibrage de la sphère politique américaine. « Elles rétablissent les contrôles démocratiques prévus par la constitution face à Trump » s’est réjouie Nancy Pelosi. En effet, Trump n’aura plus le champ libre comme avant. Profitant de sa majorité précédente dans les deux chambres, il s’est battu bec et ongle face à ses adversaires pour imposer l’archi conservateur Brett Kavanaugh au poste de juge « pivot » de la cour suprême censé trancher sur les questions les importantes de la société américaine pour 20 prochaines années. Désormais, cette victoire des « bleus » peut être qualifié comme la poussée d’un contre-pouvoir significatif face à la politique impulsive et discriminatoire de Trump.  Les démocrates pourront avoir un droit de regard sur les lois budgétaires, la supervision de l’exécutif, la relance de l’Obamacare et la mise en place d’une enquête parlementaire sur l’ingérence supposée de la Russie lors des dernières élections présidentielles. Cette enquête qualifiée comme « une chasse au sorcière »   par le locataire de la maison blanche peut expliquer l’implication jusqu’au-boutiste de ce dernier dans la campagne et le remplacement du ministre de la Justice Jeff Sessions pour entraver l’action du procureur Muller.

Cependant, la défaite des 4 étoiles montantes du parti Démocrate dont le charismatique Beto O’Rourke de Texas montre l’absence de consensus autour d’un leader censé fédéré les différentes factions pour préparer les échéances de 2020.

Les Républicains

Les conservateurs peuvent se réjouir de cette victoire partielle au Senat, qui leurs permet de bloquer toutes lois pouvant entraver la politique de Trump. Les midterm sont généralement considéré comme un référendum pour l’approbation ou non des deux premiers mandats du président. En remportant, 51 sièges contre 46 pour les démocrates, les Républicains ont réalisé un score historique vieil de 50 ans car il est quasi rare de gagner les deux chambres en même temps pour le parti au pouvoir. « Le parti Républicain a défié l’histoire pour étendre notre majorité au Senat et en déjouant de façon importante les prévisions à la chambre des représentants » s’est félicité Donald Tump.                 Cette demi-victoire peut s’expliquer par le « Boom » économique concrétiser par les réformes économiques, la relance de l’industrie du charbon et les mesures protectionnistes.  Avec un taux de Chômage qui avoisine les 4%, une croissance économique de 3,1% et une inflation qui talonne les 2%, ces élections montrent que locataire de la maison blanche n’est pas du tout rejeté comme le prédisait la majeure partie des instituts de sondage.

D’ailleurs, le fait marquant qui mérite d’être souligné est le fait que Trump a gagné de la légitimité et de la notoriété au sein du parti républicain. En permettant à 9 candidats en difficultés dans les sondages dont son ancien adversaire des primaires républicains Ted Cruz de Texas. Longtemps qualifié d’incompétents par l’aile centriste et modéré du parti, il est devenu incontestablement lechef de file des conservateurs.

La stratégie Trump

En général, les midterms sont souvent orientés vers des débats concernant l’économie, les emplois et la gouvernance.

Conscient qu’une défaite des midterm, malgré la bonne santé l’économie, pouvait s’avérer fatale pour ses deux derniers mandats, Trump a enclenché une stratégie de communication qui s’est soldée par une efficacité redoutable :                                                                                                                                                                  il a crispé toutes les attentions sur les migrations illégales aux Etats-Unis. « Les Républicains doivent faire en sorte que les lois sur l’immigration, qui sont si abominables faibles et obsolètes, soient au cœur des midterms » a -t-il ajouté sur Twittter. En ramenant les débats sur le terrain de la migration, Trump est allé chercher dans sa base l’électorat blanc, protestant et conservateur pour contrebalancer la mobilisation des démocrates souvent représenté par les minorités. Cette approche doublée par des diatribes d’une violence inouïe l’a permis de consolider allant même jusqu’à « électriser » sa base dans le monde rural américain.                                                                                                                                                                          En outre, l’utilisation de ses talents de « Showman » qu’il a acquis dans les émissions de téléréalités pour fixer l’attention sur un fait : la caravane Hondurienne qui traversait la frontière mexicaine.  Cette caravane, pourtant composé de gens venus chercher un avenir meilleur, s’est vue accusée, par Trump, d’être infiltrée par des terroristes et des violeurs de quoi la colère des plus craintifs « Fears ». Cette crispation des médias sur cette caravane accompagnée par des soldats déployés au nombre de 800, 10000 puis 15000, ce qui est équivalent au contingent déployé en Irak, a permis de mobiliser l’électorat neutre et indécis sur le thème de l’immigration.

In fine, les promesses utopiques de la suppression du « droit du sol » aux clandestins et un durcissement des mesures en l’encontre des droits d’asile viennent galvaniser aussi une autre partie de sa base.

Une élection mi-mandat n’a jamais été aussi serré aux Etats-Unis durant ces dernières décennies. Cette demi-victoire pour les deux camps reflète la division de la société américaine. Cette cohabitation est le prélude que les deux prochaines années pour la présidence Trump vont être âprement disputées jusqu’au bout. Quoiqu’il arrive les Démocrates doivent éviter un éventuel blocage pour espérer lancer l’assaut final sur la forteresse « Trump » en 2020.

El. Hadji Ibrahima Faye                                                                                                                                                                           Etudiant en Géographie                                                                                                                                                                   Email : efaye174@gmail.com

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